Comme annoncé à l’occasion du Conseil Municipal du 24 septembre 2025, un olivier en hommage à Ilan Halimi et à toutes les victimes du racisme et de l’antisémitisme a été planté sur la place San Biagio. Une plaque commémorative a été dévoilée ce mercredi 4 férvier 2026. Retrouvez ici le discours de Monsieur le Maire.
« Mesdames et Messieurs, en vos grades, noms et qualités, Mesdames, Messieurs, chers concitoyens,
Nous sommes réunis ici, sur cette place San Biagio qui se redessine, qui se végétalise pour devenir davantage un lieu de vie.
Un lieu où l’on passe, où l’on se retrouve, où les enfants jouent, où l’on s’assoit quelques minutes, où l’on échange des nouvelles.
Un lieu de quotidien, de tranquillité, presque d’insouciance.
Et c’est précisément dans un lieu comme celui-ci qu’un repère de mémoire a du sens. Parce que la tranquillité que nous connaissons ici n’est jamais totalement acquise.
Le 21 juillet dernier, lors de la commémoration des Justes parmi les Nations et des victimes des persécutions racistes et antisémites, nous avons émis l’idée de créer un lieu de recueillement.
Quelques semaines plus tard, l’olivier planté en hommage à Ilan Halimi à Épinay-sur-Seine était scié, ajoutant à l’odieux crime l’infamie de la profanation.
Fin août, Alain Jakubowicz, Président d’honneur de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme lançait un appel invitant les maires de France à planter un arbre en mémoire d’Ilan Halimi.
À L’Union, cette initiative a été relayée par Monsieur Szternberg, habitant de la commune. Elle a rejoint la réflexion que nous menions déjà sur la place de la mémoire dans notre ville. C’est ainsi que s’est imposée l’évidence de créer ici, dans cette Place San Biagio végétalisée, ce lieu de recueillement.
Ilan Halimi avait 23 ans.
En 2006, il a été attiré dans un piège, enlevé, séquestré pendant vingt-quatre jours. Il a été ciblé parce qu’il était juif. Humilié, torturé, martyrisé, déshumanisé. Au terme d’un trop long calvaire, retrouvé agonisant, il a succombé aux violences qui lui ont été infligées.
Ce drame dit quelque chose de simple et de grave : la haine commence quand on cesse de voir un être humain en face de soi.
Quand on réduit quelqu’un à une origine ou à une religion, quand on stigmatise, on ouvre la porte à un engrenage fatal, à l’inacceptable, à l’indicible.
En 1942, au moment des rafles organisées par le régime de Vichy et par l’occupant nazi, Monseigneur Saliège faisait résonner ces mots : « Les Juifs sont des hommes, les Juives sont des femmes. Ils font partie du genre humain, ils sont nos frères comme tant d’autres. » Ces mots gardent aujourd’hui toute leur force. Parce qu’ils disent l’essentiel : l’humanité ne se divise pas et elle ne se nie pas.
C’est dans cet esprit que notre commune a voulu marquer ce lieu.
Ce que nous honorons ici dépasse un seul drame.
Par malheur, l’antisémitisme existe encore.
Par malheur, d’autres formes de racisme existent aussi.
Des femmes et des hommes sont encore visés pour ce qu’ils sont, pour ce que l’on croit qu’ils sont, ou pour ce en quoi ils croient.
Une commune ne peut pas régler ces drames. Mais elle peut rappeler les principes qui fondent notre vie commune. Planter un olivier n’efface rien. Mais cela affirme que la dignité humaine n’est pas négociable. Cet olivier grandira ici, au milieu de la vie quotidienne.
Les enfants passeront devant.
Certains demanderont ce qu’il signifie. Alors l’histoire pourra être transmise.
Et c’est cela, la mémoire : non pas vivre dans le passé, mais éclairer le présent.
Pour Ilan Halimi.
Pour toutes les victimes du racisme et de l’antisémitisme.
Liberté. Égalité. Fraternité.
Vive la République.
Je vous remercie. »
Marc Péré,
Maire de L’Union