A l’occasion de la commémoration du 81ème anniversaire de l’Armistice de la seconde guerre mondiale, citoyens, élus, autorités militaires, représentants d’associations mémorielles et enfants du Conseil Municipal des Jeunes se sont retrouvés sur le parvis de l’église en ce vendredi 8 mai 2026. Retrouvez ci-après le discours de Marc Péré, Maire de L’Union :
Madame Anne Stambach Terrenoir, députée de la Haute Garonne, chère Anne,
Monsieur Aurélien Taravella, Président de la commission « Valeurs de la République – Mémoire » du Conseil départemental de la Haute-Garonne, cher Aurélien, cher collègue
Madame la Première Adjointe, chère Karen Grégoire,
Mesdames et Messieurs les Élus,
Monsieur le Principal du Collège Chaumeton, cher Monsieur Boisset
Mesdames et Messieurs les enseignants,
Chers enfants du Conseil Municipal des Jeunes,
Capitaine Molina, commandant de Communauté de brigade de la Gendarmerie nationale,
Capitaine Myriam, commandante de la 3e compagnie du 14e Régiment d’infanterie et de Soutien Logistique Parachutiste de Toulouse
Monsieur Laurent Peries, chef de notre Police Municipale,
Monsieur Raymond Gavalda, Président de la FNACA
Monsieur Pascal Mirales, Président de l’AFOM
Madame Colette De Luze, représentante du Souvenir Français,
Mme Christelle Bevilacqua, Présidente du comité du souvenir français Toulouse Nord Est
Mesdames et Messieurs les Présidents d’associations,
Mesdames et Messieurs les porte-drapeaux,
Mesdames et Messieurs les musiciens de l’Harmonie municipale,
Chers agents municipaux,
Mesdames, Messieurs, chers amis, chers concitoyens,
Le 8 mai 1945, l’Allemagne nazie capitulait.
La guerre prenait fin en Europe après près de six années de destruction, de massacres et de barbarie.Derrière la victoire des Alliés apparaissait alors l’ampleur du désastre : des villes détruites, des millions de morts, un continent ravagé, et l’horreur absolue des camps de concentration et d’extermination découverts par les armées alliées.
Auschwitz.
Buchenwald.
Ravensbrück.La Shoah révélait jusqu’où pouvait conduire un système politique fondé sur le racisme, l’antisémitisme et la négation même de l’humanité.
Quatre-vingt-un ans plus tard, alors que les derniers témoins disparaissent peu à peu, notre responsabilité demeure entière : transmettre.
Transmettre les faits.
Transmettre la vérité historique.
Évoquer les femmes et les hommes qui ont résisté.Je veux à ce titre saluer le travail du Musée départemental de la Résistance et de la Déportation, ainsi que celui de l’association unionaise LUHMEP, qui présente actuellement dans le hall de la mairie une exposition consacrée à la Seconde Guerre mondiale.
Aujourd’hui, je voudrais revenir sur le parcours d’une figure profondément liée à l’histoire de Toulouse et de notre département : le commissaire Jean Phillipe.
Fonctionnaire de police à Toulouse sous l’Occupation, Jean Phillipe refusa d’appliquer les politiques antisémites du régime de Vichy et de participer aux arrestations. Il refusa également de collaborer à la mise en œuvre du Service du Travail Obligatoire.
Le 15 janvier 1943, il écrit à son supérieur hiérarchique :
« Je refuse de persécuter des israélites qui ont droit au bonheur et à la vie […] Je refuse d’arracher, par la force, des ouvriers français à leur famille […] tout Français qui se rend complice de cette infamie […] agit en traître. »
Pour cet acte de résistance, il entra dans la clandestinité. Arrêté par la Gestapo, déporté puis fusillé en Allemagne en avril 1944, il fut reconnu après la guerre Juste parmi les Nations.
Ce destin dit quelque chose d’essentiel sur la Résistance.
Résister, cela commence par refuser de participer à l’injustice.
Refuser qu’un État transforme des êtres humains en catégories à exclure, à traquer ou à détruire.Ici aussi, en Haute-Garonne, des femmes et des hommes ont caché des enfants juifs, imprimé des tracts clandestins, organisé des filières d’évasion, rejoint les réseaux de Résistance ou les maquis.
D’autres furent arrêtés, torturés, fusillés ou déportés.Le 8 mai n’est pas seulement une commémoration militaire.
C’est aussi une leçon de vigilance.Car les démocraties peuvent vaciller.
Et l’on sait jusqu’où peut conduire la haine lorsqu’elle devient une politique d’État.Alors, souvenons-nous de celles et ceux qui ont résisté pour rester fidèles à l’essentiel : chaque être humain a droit au bonheur et à la vie.
À nous d’être dignes de cet héritage.
Vive la Paix.
Vive la Résistance.
Vive la République.
Vive la France.
